Des noms

En dépit de ce titre un tantinet provocateur, (on ne se refait pas!) je ne cherche pas à torturer quiconque pour qu’il donne le nom de ses complices…

Non ! il s’agit tout simplement de mettre l’accent sur le caractère collectif de la réalisation d’un journal chaque jour. Et pourtant, c’est et cela demeure aussi l’addition de talents individuels multiples !

En tout cas, l’histoire d’un quotidien ne peut se limiter à la réécriture ou au récit -même bien fait- des évènements anciens.

J’ai donc souhaité (internet le permet) rendre hommage à quelques uns des journalistes que j’ai connus où qui ont pour certains appartenu à l’équipe que j’ai dirigée pendant quelques années… Pour les uns, j’ai retrouvé leur photo, (voir page suivante) pour d’autres, seuls les noms et prénoms me sont revenus…

En tout premier lieu ceux des responsables : Pierre Corval PDG, de 1970 jusqu’à son décès brutal par noyade, en Aout 1973. Ses éditoriaux ont marqué plus d’un sarthois !

Jean-Jacques Alexandre, Directeur-rédacteur en chef, (amoureux des belles lettres il a longtemps siégé à l’Académie du Maine). Aujourd'hui décédé il fut mon responsable direct. Paul Le gall PDG à la meme époque, avant Jean Bryckaert l’homme que j’ai le plus admiré. Homme de conviction, de parole, il a tenté de moderniser l’entreprise. Le cancer des voies respiratoires qui l’a emporté, l’a empêché de mener à bien ce projet vital pour garantir la rentabillité et donc l’indépendance du journal … Les ventes successives du titre par le Groupe du Parisien libéré (AMAURY) à Hersant puis par Hersant à Ouest France sont venues confirmer la responsabilité de ceux qui, à l’époque, ont refusé le progrès.

Je voudrais citer mon prédécesseur comme chef des services de la rédaction : Maurice Couillard et son premier adjoint Marcel Morin, Jacques Hayet chef des sports, Christian Cruchet secrétaire général (responsable de la sortie du journal la nuit) avec sous ses ordres georges Madelon, Alain Gélébart, William Girard, Pierre Bodin, Anne Moulin, Michelle Sénéchal, Didier Billaud… (Volontairement je ne cite pas ceux qui sont restés dans l’entreprise car il serait fastidieux de donner leurs différentes fonctions … Ils ont évolué depuis mon depart en 1987 !)

Au rang des journalistes : Jacky beaufils, (en retraite aujourd’hui après avoir été directeur départemental de Ouest France en Sarthe) , Jean-claude Couturier, en retraite après avoir fait carrière à Air France, Jean-Michel Brault (dit le «grand» par opposition au «petit» : Jean Marie Braud, Serge Lemasson (aujourd’hui décédé), Patrice guillier aujourd’hui rédacteur en chef du Courrier de l’Ouest, Georges Guitton (en retraite après avoir fait carrière à Ouest France) Paul Quesme, (l’homme de la tournée de police) Gustave ROUY le spécialiste agricole avant Serge Lemasson et Jean-yves Cadiou, Jean-Jacques Talon, Didier Monteil, Alain Rideau qui fut mon adjoint avant Didier Fouquet,… Et tant d’autres : Louis Leblé (décédé) et Yves Chantepie à la flèche, (Aujourd’hui dans une paisible retraite en Belinois), Lemaitre à Mamers…

J’aurais une pensée particulière pour les correspondants (mes parents l’étaient) dans les communes, les cantons. Certains étaient jadis devenus de quasi-professionnels, eux qui dictaient le soir, à des sténos de presse, les textes que l’on retrouvait le lendemain, s’ils parvenaient à passer le filtre du secrétariat de rédaction. : Mme Plouze (du Breil sur mérize) récemment disparue, Bernard Béquin à Ballon, M. Moriceau à Mamers, Mme Bonhommé à Beaumont sur sarthe ...

Isolées dans leur dialogue casqué, le temps d’un article ou d’un compte-rendu de match,… les sténos savaient interpréter, corriger, mettre en valeur et donner le «papier» juste avant le «bouclage» pour garantir l’exclusivité ou le scoop. A l’époque MAINE LIBRE ET OUEST France étaient authentiquement concurrents !

Un journal c’était aussi des secrétaires : Mme Millet, Mme Bougeant, Lilyane Ragot (décédée) Melle Colin… des standardistes, un service des ventes avec des vendeurs prêts à tout pour «refiler le paquet cadeau» sur les marchés du département ou lors des caravanes publicitaires à l’arrière d’un camion spécialement aménagé avec une plate-forme aux formes arrondies du plus bel effet !

Les ressources venaient de la vente des exemplaires (près de 60000 en moyenne à l'époque moins de 50000 de nos jours) aussi de la régie publicitaire inter régies… avec des directeurs comme Mario Cafarro, Patrick Berger, Thierry Maury !

Les services techniques du journal alors imprimé au Mans, étaient dirigés par M. Chauvineau, tandis que la comptabilité œuvrait sous les ordres de M. Baudouin avec Edmonde Rozet, M. Ermeneault…)

Un mot enfin des ouvriers du livre, derniers représentants d’une corporation longtemps arqueboutée sur des privilèges hérités du temps du plomb, quand on parlait de linos et de typos. Ils ont toute leur place dans ce rappel historique centré autour des hommes…

Beaucoup hélas ont aujourd’hui disparu, parfois dans l’anonymat. Cette évocation les en sort pour quelques secondes le temps d’un clic. Jean-Yves Bernier

Pardon des oublis… !
Ils peuvent être corrigés.
Pour m’écrire c-bernier@wanadoo.fr


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